Revenons aux facteurs environnementaux qui influent sur la motivation des élèves. Des enseignants croient que des facteurs échappant à leur action ont plus d’influence sur lamotivation de leurs élèves qu’ils peuvent eux-mêmes en avoir. Ainsi, on les entend souvent dire que les parents ne jouent pas bien leur le rôle. Est-ce que la recherche nous éclaire sur ce sujet? Lorsqu’on examine tous les facteurs environnementaux qui influent sur la motivation des élèves, on remarque que les enseignants ont peu de pouvoir sur certains d’entre eux. De toute manière,les facteurs liés au milieu familial sont probablement les plus importants à prendre enconsidération.Par le passé, les chercheurs se sont demandé quelles attitudes et quels comportements parentaux favorisaient le plus la motivation à apprendre de l’enfant. Ils en sont arrivés à la conclusion que la meilleure façon pour des parents de motiver leur enfant était d’avoir des attentes et des exigences élevées, mais réalistes, sur le plan scolaire, donc adaptées à ses capacités ; d’avoir une très grande confiance en ses capacités de réussir; de créer un climat de soutien et de chaleur humaine autour de lui ; d’être un modèle en matière d’apprentissage en créant des situations qui lui permettent de les voir en train d’apprendre.Tout en confirmant ces conclusions, les résultats des recherches indiquent à l’heure actuelle quedes comportements verbaux et non verbaux parfois anodins, comme passer des remarques surl’école ou les enseignants, abaissent la motivation de l’enfant. De plus, les valeurs culturelles et religieuses véhiculées par l’ensemble de la famille ou par la communauté dans laquelle vitl’enfant influent de façon significative sur sa motivation. C’est pourquoi on est porté de nos joursà étudier l’ensemble des facteurs liés au milieu familial plutôt qu’à examiner seulementl’influence des parents. On n’est pas en mesure cependant de désigner parmi tous ces facteursceux qui ont le plus de poids sur la motivation des élèves. Il semble toutefois évident que lesparents auront toujours un rôle crucial à jouer. Plusieurs facteurs liés à l’école influent sur la motivation des élèves, mais sait-on quels sont ceux qui méritent une attention particulière?Quand on parle des facteurs liés à l’école, il importe de ne pas inclure dans cette catégorie ceuxqui sont liés à la classe. Ces derniers sont regroupés dans une autre catégorie, car les enseignants ont plus de poids sur eux. Nous y reviendrons si vous le voulez. Pour ce qui est des premiers, les chercheurs américains en ont dégagé trois : la culture et les valeurs que véhicule l’école, la création des classes en fonction du rendement des élèves et l’effet de la transition d’un ordre d’enseignement à un autre sur leur motivation.Au regard des recherches ayant porté sur la culture et les valeurs véhiculées dans les écoles, ilressort que celles dans lesquelles les attentes envers les élèves sont élevées et où il leur estclairement spécifié qu’ils « sont là pour apprendre », favorisent plus leur motivation que dans lecas contraire. En outre, comme le soulignent Maehr et Midgley6, les recherches indiquent que les écoles qui mettent l’accent sur le rendement scolaire et la compétition plutôt que surl’apprentissage en soi et la collaboration minent la motivation des élèves plus qu’elles ne lasuscitent. Il ne faut pas oublier que ces études ont été menées dans des écoles américaines.Obtiendrait-on les mêmes résultats ici? Peut-être, mais on ne peut pas le certifier.Quant aux recherches ayant porté sur la création des classes en fonction du rendement antérieur des élèves (classes distinctes selon que les élèves sont considérés comme « forts » ou comme « faibles »), il est difficile d’en dégager une conclusion unique, car les résultats varient enfonction de nombreux facteurs dont le type de classes étudiées, le contexte scolaire et la durée de la recherche. Toutefois, la tendance est que les élèves des classes dites de « forts » voient leur motivation augmenter, alors que, à long terme, chez les élèves des classes dites de « faibles », lamotivation diminue. L’hypothèse avancée pour expliquer ce phénomène est que l’environnement pédagogique offert à ces derniers est plus pauvre que celui dans lequel se trouvent les premiers.Enfin, en ce qui concerne la transition entre les ordres d’enseignement, il ne semble pas existerd’études portant sur l’effet du passage de la maternelle au primaire sur la motivation des enfants.Quant au passage du primaire au secondaire, il est prouvé , comme nous l’avons signaléprécédemment, que la motivation des enfants à l’égard de certaines matières commence àdiminuer au deuxième cycle du primaire, et que cette tendance à la baisse se poursuit ausecondaire. Nombre de personnes du milieu scolaire québécois en arrivent à la même conclusion, bien que l’ampleur du phénomène n’ait pas encore été mesurée ici.Si l’on tient compte de tous les facteurs liés au milieu familial et à l’école, et ce, sanscompter les facteurs liés à la société, on se demande si l’enseignant peut encore fairequelque chose pour susciter la motivation de ses élèves.Étude après étude, les résultats confirment le rôle primordial de l’enseignant sur la motivation des élèves. Ce rôle, il le joue en prenant en considération les facteurs liés à la classe. Ceux qui semblent avoir le plus d’effet sur la motivation et qui ont fait l’objet de nombreuses études sontles activités pédagogiques proposées, l’évaluation, le système de récompenses et de sanctions et l’enseignant lui-même. Que sait-on sur chacun de ces facteurs?À propos des activités pédagogiques, on décèle au moins six conditions importantes à remplirpour qu’elles puissent susciter la motivation des élèves :a) avoir une certaine signification pour les élèves, c’est-à-dire qu’elles doivent correspondre àleurs champs d’intérêt, s’harmoniser avec leurs projets personnels et répondre à leurspréoccupations;b) représenter pour eux un défi à relever;c) mener à des réalisations semblables à celles qu’ils retrouvent dans la vie courante, commeune affiche, une vidéo, un spectacle;d) être d’un niveau de difficulté qui exige de s’engager sur le plan cognitif;e) les responsabiliser en leur permettant de faire des choix;f) comporter des objectifs et des consignes clairs. On peut souhaiter que toutes les activités pédagogiques proposées aux élèves satisfassent à cesconditions, mais il est plus réaliste de penser qu’un enseignant se fixera cet objectif pour desprojets ou des démarches pédagogiques comprenant plusieurs activités.Par ailleurs, il ressort des différentes études que les pratiques évaluatives qui ont pour but decontrôler ou qui amènent les élèves à se comparer entre eux (par exemple, affichage des notes ou présentation des résultats à l’ensemble de la classe) ou à être en compétition (par exemple,attribution d’un prix ou d’un privilège aux meilleurs élèves) peuvent les motiver à avoir de bonsrésultats, mais elles font généralement obstacle à leur motivation à apprendre. Les pratiquesévaluatives axées sur le rendement nuisent particulièrement à la motivation des élèves ditsfaibles. Se voyant toujours au bas de l’échelle, ces élèves sont portés, pour protéger leur imagede soi, à utiliser des stratégies d’évitement plutôt que de travailler réellement. De plus, lespratiques évaluatives centrées sur le rendement incitent les élèves à croire que les seules activités importantes en classe sont celles qui sont notées. Enfin, dans un contexte scolaire où seul le rendement est pris en considération, un grand nombre d'élèves choisiront les activités faciles plutôt que celles qui les obligent à relever un défi.En ce qui a trait aux récompenses et aux sanctions, on se souviendra que, sous l’influence de lapsychologie behavioriste, un grand nombre de recherches menées dans les années 60 ont montré que le fait de récompenser les élèves lorsqu'ils adoptent un comportement souhaité les motive à le répéter. Toutes les façons de les récompenser mises en avant dans les classes par la suite sont fortement contestées par des chercheurs d'inspiration cognitiviste. En fait, ces derniers ne doutent pas que l'on puisse inciter un élève à accomplir une activité d'apprentissage en le récompensant, mais ils nous mettent en garde contre l'effet de surjustification, qu'entraînent les récompenses. Cet effet se produit lorsque la motivation intrinsèque d'un élève diminue du fait même qu’une récompense se rattache à l’accomplissement de l’activité demandée. En d'autres termes, récompenser un élève l'amène à ne plus travailler pour le plaisir d'apprendre, mais pour obtenir des récompenses. L'effet de surjustification peut expliquer pourquoi des élèves, incités à travailler pour obtenir une bonne note dans leur bulletin ou pour recevoir des prix d'excellence, ont de la difficulté à se motiver dans une classe où l’on ne leur demande que de travailler dans le « simple » but d'apprendre. Des nuances doivent cependant être apportées en ce qui concerne ceteffet. Dans leur recension des recherches, Tang et Hall7 concluent que les récompenses peuvent favoriser la motivation intrinsèque, quand celle-ci est faible au départ, ou quand les récompenses se présentent sous forme de commentaires positifs qui aident les élèves à se considérer comme capables d'accomplir l'activité demandée. Par contre, les récompenses diminuent la motivation intrinsèque des élèves lorsque, au départ, leur motivation intrinsèque est élevée, lorsqu’ils s'attendent à être récompensés pour avoir accompli l'activité demandée et lorsque la récompense à venir est d’ordre matériel (par exemple, prix, argent scolaire, etc.).Enfin, de nombreuses recherches ont porté sur l’effet que peut avoir l’enseignant sur lamotivation des élèves. Les premières avaient pour objet les traits de personnalité de l’enseignant.On voulait savoir si un enseignant chaleureux avec ses élèves, c’est-à-dire ouvert, ayant le sensde l’humour, empathique, etc., avait plus d’influence sur leur motivation qu’un enseignant sévère et strict. Les résultats se sont révélés concluants dès que les chercheurs ont ajouté aux traits de personnalité d’un enseignant chaleureux, sa compétence à organiser et à gérer sa classe d’une manière efficace. Ainsi, un enseignant considéré comme chaleureux suscitera la motivation de ses élèves, s’il sait créer une atmosphère favorable à l’apprentissage en les mettant à contribution dans les décisions relatives à la gestion tout en leur faisant respecter les règles de travail et de conduite qui en découlent.Par le passé, il a été établi que certains enseignants portent une attention particulière aux élèves qu'ils estiment intelligents et motivés et négligent ceux qu’ils considèrent comme faibles. Plusrécemment, on a démontré que de tels comportements ont un effet négatif sur la motivation desélèves faibles, à condition que ces derniers soient conscients que l’enseignant les néglige audétriment des autres élèves. Eccles et ses collègues croient que ce sont les filles, les élèves endifficulté et ceux qui viennent des groupes minoritaires, par exemple, les immigrants, qui sont les plus susceptibles de se démotiver à cause de comportements désintéressés de la part desenseignants.Voilà donc très brièvement l’état des recherches sur les facteurs liés à la classe qui influent leplus sur la motivation des élèves. Il ne faut pas oublier toutefois que la très grande majorité desrecherches dont nous venons de rapporter les résultats ont été menées aux États-Unis.Ler mais
passando os olhos por... terrear.blogspot.com
Motivação - O que nos diz a investigação?
http://terrear.blogspot.com/2010/05/motivacao-o-que-nos-diz-investigacao.html

- Tags:
- aprendizagem
- Motivação
Your favourite external commenting service goes here! I recommend http://www.disqus.com